Histoire Locale

HISTOIRE du PROTESTANTISME à CORBEIL-ESSONNES (d'après une publication réalisée en 2012 - Editée par l’Association Cultuelle)

Chapitre 1 Les turbulences du XVIème siècle et le silence des XVIIe et XVIIIe.

 

1520-1560 :

Les idées de la Réforme sont disséminées dans la région de Corbeil par les journaliers agricoles, des artisans rentrant dans leurs familles, des marchands allant de Meaux à Orléans, empruntant le seul pont existant sur la Seine, à Corbeil, défendu par une place forte.

Une portion du clergé et de la noblesse de Corbeil, acquis à la Réforme, ont encouragé l’adhésion de leurs métayers et fermiers.

L’existence d’une communauté protestante à Corbeil est mentionnée par Jean de la Barre. Un procureur nommé Quentin était alors cité comme actif propagateur des idées de « la prétendue réformation ».

1° mars 1562 :

Début des guerres de religion en France.

16 mai 1562 :

Catherine de Médicis s’assure le contrôle militaire de la place forte de Corbeil.

15 novembre 1562 :

L’armée huguenote, commandée par le Prince de Condé et l’Amiral de Coligny commence le siège de Corbeil, puis se retire au bout de huit jours, après le refus du Maréchal de Saint-André, capitaine de Corbeil, de se rallier.

1563 :

En application de l’édit d’Amboise, fin de la présence protestante organisée à Corbeil.

25 août 1572 :

Massacre de la St Barthélémy. Le prévôt Berger et ses amis huguenots se réfugient au château de Villeroy.

 

Mai 1588 :

La Ligue (parti catholique extrémiste), opposée à Henri de Navarre, s’assure le contrôle de Corbeil.

1°avril 1590 :

Les « corbéliens » ouvrent leurs portes à Henri de Navarre qui séjourne une nuit à Corbeil.

22 septembre-16 octobre 1590 :

L’Armée espagnole, venue au secours de la Ligue, assiège et s’empare de Corbeil, et massacre une partie de la population.

11 novembre 1590 :

Givry, général de Henri de Navarre, reprend Corbeil et exécute le gouverneur espagnol Don Toraque.

1593 :     Henri de Navarre devient roi sous le nom de  HENRI IV.

1598 :     Paix religieuse assurée par l’édit de Nantes.

1685-1786 :

Le protestantisme est officiellement interdit et souvent réprimé en France.

Courant du XVIIIe siècle :

Une église protestante clandestine est signalée à Essonnes.

1788-1789 :

En vue des Etats Généraux, convoqués pour le 5 mai 1789, les corbeillois rédigent un cahier de doléances exigeant :

« Article 1 : Que la religion catholique soit de plus en plus maintenue en France et qu’il soit apporté un examen plus sévère au choix de ses ministres.

Article 2 : Que néanmoins, il y ait égalité d’existence civile dans tout le royaume entre les catholiques et les non catholiques. »

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    CHAPITRE 2 Des familles protestantes au cœur de l’essor industriel du XIXème siècle.

    1769 :

    Christophe-Philippe OBERKAMPF, teinturier originaire du Wurtemberg, achète une petite manufacture de tissus à Corbeil et y installe son frère Frédéric.

    1796 :

    Victor et Philippe WIDMER, protestants d’origine suisse, deviennent directeurs de la manufacture de Corbeil.

    1798 :

    Décès de Frédéric Oberkampf à Corbeil.

    1804 :

    Christophe-Philippe OBERKAMPF achète le domaine de CHANTEMERLE et intègre les ateliers de tissage et de filage.

    Louis FERAY, protestant originaire du Havre, en devient directeur.

    1812 :

    Samuel et Gottlieb WIDMER, naturalisés par Napoléon, introduisent les machines textiles dans les ateliers de Chantemerle à ESSONNES.

    1822 :

    Louis FERAY rachète l’usine de Chantemerle aux héritiers Oberkampf.

    1836 :

    Ernest FERAY succède à son père Louis.

    Il développe et mécanise l’usine de Chantemerle qui comptera plus de 700 ouvriers.

     

    1839 :

    Nelson VORS, pasteur de l’Eglise Réformée de Versailles, est appelé à célébrer le culte de façon épisodique dans le salon d’Ernest FERAY.

    1844 :

    Ernest FERAY demande à un pasteur luthérien de venir célébrer le culte dans sa maison de Chantemerle pour sa famille et les ouvriers protestants venus d’Angleterre, d’Allemagne et de Suisse.

    1845 :

    Ernest FERAY ouvre un oratoire, au 4 rue de Soisy, où le culte est desservi tous les quinze jours, alternativement en français et en allemand, par le pasteur J.J.HOSEMAN

     

     

    29 mai 1851 :

    Réunion du premier Conseil d’Administration de l’Eglise de Corbeil, composé comme suit :

    Président : J.J.HOSEMAN, pasteur.                         Secrétaire : E.FERAY.

    Secrétaire adjoint : E.WIDMER.                               Trésorier : DUPONT.

    Membres : MORTOT et M.YUNG.

    1° juin 1851 :

    Le premier Temple de Corbeil (confession d’Augsbourg),situé aux Bas-Tarterets, dont la construction est financée par souscription publique, est inauguré en présence des autorités civiles.

    La communauté comptait alors 155 personnes.

    A cette occasion, J.J.Hoseman prononce un discours sur « le triple principe de l’Eglise Protestante », au cours duquel il remercie les autorités pour « l’équitable intelligence de nos droits, que nous n’avons cessé de trouver auprès d’elles depuis l’établissement régulier et public de notre culte ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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      CHAPITRE 3 XIXème et XXème siècles : DES FIDELES, DES PASTEURS, UN TEMPLE, UNE ESPERANCE

      1857 :

      Le pasteur luthérien Hoseman écrit à l’Eglise Réformée qu’il est désormais dans l’impossibilité de conserver la desserte de Corbeil et propose d’en charger le pasteur ROSSELET de l’l’E.R.

      1861 :

      Expropriation et destruction du premier Temple des Bas-Tarterets, suite à la construction de la ligne de chemin de fer Corbeil-Montargis.

      16 novembre 1862 :

      Inauguration du nouveau Temple, en présence d’une délégation des consistoires luthérien et réformé.

      Baptême du fils d’E.WIDMER.

      1870 :

      L’armée prussienne réquisitionne le Temple comme ambulance et dépôt de prisonniers.

      1879 :

      Le Consistoire luthérien de la Confession d’Augsbourg décide la mise à disposition du Temple à l’Eglise Réformée, pour une période de six années.

      De facto, cette mise à disposition sera prolongée sine die.

      Octobre 1897 :

      Sur demande du Maire de Corbeil, le Conseil Presbytéral de l’Eglise Réformée de Corbeil accepte d’utiliser les cloches du Temple comme alarme incendie.

       

      2 juin 1901 :

      Commémoration du jubilé du Temple de Corbeil.

      Dans son allocution, Emile WIDMER retrace un historique de la paroisse et s’émerveille de son « développement de 250 personnes vers 1880 à 1000 personnes à ce jour ».

      1906 :

      Dans le cadre de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le Consistoire de l’Eglise luthérienne à Paris décide que le Temple de Corbeil sera « dévolu » à l’Union Consistoriale de l’Eglise Evangélique Luthérienne de Paris mais qu’il restera mis à disposition gratuite de l’Eglise Réformée, sans limite de temps.

      Dépôt des statuts de « l’Association Cultuelle Presbytérale de l’Eglise Réformée de Corbeil ».Son Comité Directeur est composé comme suit :

      Président : E.DUFFAU, pasteur.                      Vice-président : G.FERAY.

      Secrétaire : M.GRUNY.                                     Trésorier : G.CUMENGE.

      1912 :

      Remplacement des vitraux du Temple.

      Août 1923 :

      Un cyclone occasionne des dégâts importants au Temple.

      Un legs de 600 francs est consenti par les familles FERAY et CHATONEY pour les réparations.

      Construction du bâtiment annexe financé par la famille RAIMOND.

      1925 :

      Importants travaux de rénovation intérieure du Temple financés par la famille SANDOZ.

       

      Octobre 1930 :

      Inauguration d’une salle de culte à Ris-Orangis.

      L’harmonium et la table de communion y sont transférés depuis Corbeil.

      Avril 1931 :

      Tenue à Corbeil du synode de la IIIème circonscription des Eglises Réformées Evangéliques.

      4 septembre 1938 :

      L’Assemblée Générale vote le rattachement formel de la paroisse à «  l’Union Nationale de l’Eglise Réformée de France », nouvellement créée.

      Il est ainsi créé la Paroisse de Corbeil-Villeneuve St Georges.

      13 décembre 1942 :

      Inauguration d’une chapelle à Draveil.

      29 juin 1944 :

      Suite aux bombardements aériens dans la région, le Conseil Presbytéral envoie un message de solidarité et d’espoir. Le secrétaire TRIBOULET écrit :

      « Puisse l’année prochaine, première année de paix, nous retrouver tous unis et résolus à marcher de l’avant pour l’avancement du Royaume de Dieu ici-bas ».

      1964 :

      Jusqu’alors annexe de Villeneuve-Saint-Georges, la paroisse passe sous la tutelle de la Commission Régionale d’Evangélisation de l’E.R.F., qui nomme quatre proposants comme animateurs :

      Jean Alexandre, Arnaud Berthoud, Pierre Demeret, Jean-Paul Faure.

      1984 :

      Jumelage avec la paroisse évangélique de St Jean de Sindelfingen (Wurtemberg).

      1987 :

      Vernissage de la fresque : « VENT ET FEU / ESPRIT ET PAROLE » peinte par Reginald PAVAMANI, en présence du Maire de Corbeil-Essonnes, Roger Combrisson.

      1993 :

      L’Eglise Réformée de France acquiert en toute propriété le Temple de Corbeil, auprès de l’Eglise luthérienne.

      Il est dédicacé : « lieu de solidarité où tous les dialogues sont possibles ».

      25 mai 2001 :

      Commémoration du cent-cinquantenaire du Temple de Corbeil, en présence du Premier Adjoint au Maire, Jean-Michel FRITZ.

      3 décembre 2006 :

      Serge Dassault, sénateur-maire, et J.M.Fritz sont accueillis au Temple à l’occasion de l’inauguration des rénovations.

      Photo :  Manuel  Viguié, President du Conseil , Serge Dassault, Sénateur-Maire,  Gilbert Méar , Pasteur et Jean Michel Fritz, Adjoint au Maire.

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